C’est Pierre de Coubertin à qui on doit ces jeux Olympiques Modernes, et la célèbre citation « Le plus important (…) n’est pas de gagner mais de participer ‘‘, qui en 1894, développe l’idée d’enrichir les Jeux d’un volet culturel. Ce Projet avait pour but de combiner sports et arts dans sa compétition. Il est par ailleurs le médaillé d’or de littérature en 1912. Il avait proposé le poème L’Ode au sport sous le pseudonyme Hohrod et Eschbach qui se vit décerner la plus haute distinction.
« O Sport, plaisir des Dieux, essence de vie, tu es apparu soudain au milieu de la clairière grise où s’agite
le labeur ingrat de l’existence moderne comme le messager radieux des âges évanouis, de ces âges où
l’humanité souriait. Et sur la cîme des monts, une lueur d’aurore s’est posée, et des rayons de lumière ont tacheté
le sol des futaies sombres.
O Sport, tu es la Beauté! C’est toi, l’architecte de cet édifice qui est le corps humain et qui peut devenir abject ou sublime selon qu’il est dégradé par les passions viles ou sainement cultivé par l’effort. Nulle beauté n’existe sans équilibre et sans proportion et tu es le maître incomparable de l’un et de l’autre car tu engendres l’harmonie, tu rythmes les mouvements, tu rends la force gracieuse et tu mets de la puissance dans ce qui est souple.
O Sport, tu es la Justice ! l’équité parfaite en vain poursuivie par les hommes dans leurs institutions sociales s’établit d’elle-même autour de toi. Nul ne saurait dépasser d’un centimètre la hauteur qu’il peut sauter ni d’une minute la durée qu’il peut courir. Ses forces physiques et morales combinées déterminent seules la limite de son succès. »
En effet, le fondateur des Jeux Olympiques modernes considère ces olympiades comme un modèle d’éducation. Il s’inspire en ce sens des jeux de l’Antiquité grecque : des joutes rhétoriques et des concours musicaux étaient organisés en parallèle des épreuves sportives à Olympie, Delphes ou Corinthe. Coubertin baptise alors cette nouveauté le Pentathlon des muses.

Les premières compétitions avaient été prévues pour les jeux de Rome de 1908, mais ayant annoncé le projet uniquement en 1907, il fut compliqué d’organiser convenablement les concours. C’est donc en 1912 à Stockholm que le premier Pentathlon des Muses vit le jour, même si les Suédois n’étaient pas très chaud pour accueillir ce genre de compétition.
De 1912 à 1948, les compétitions artistiques font partie intégrante de cet événement multisports international. Cinq épreuves en littérature, peinture, sculpture, architecture et composition musicale sont mises en place, avec deux consignes majeures : les compétiteurs doivent avoir le statut amateur, et leurs travaux sont tenus de s’inspirer entièrement du sport.
En 1924, c’est Jean Jacoby qui emporte la médaille d’or de la section peinture avec Etude de sport : Corner, à gauche, et Rugby à droite, Collection: Olympic Museum Lausanne.

Cette compétition d’art atteint son apogée lors des Jeux Olympiques de 1928, à Amsterdam. Cette année-là, plus de 1 100 œuvres d’art sont soumises aux jurys.
Mais suite aux Jeux de Londres en 1948, les épreuves artistiques disparaissent. Vérifier le statut amateur des compétiteurs devient difficile, et le thème du sport n’attire pas de créateurs de renom. En 1952, le CIO convertit la compétition artistique en exposition, avant d’exclure définitivement l’art des Jeux Olympiques.
Ici et là, le Pentathlon des muses, séparé des Jeux Olympiques continue d’exister et de faire briller les créations de nouveaux artistes …et de nombreux appels à projets sont lancés pour les jeux de 2024 à Paris.