Exposition Cézanne Grand Palais : « Cézanne et nous » réunit près de 180 œuvres autour du peintre et de ses héritiers. Pour mieux la comprendre, il faut d’abord connaître l’homme. Trois épisodes éclairent son parcours : l’amitié avec Zola, le refus de l’académisme et la quête de modèles féminins.
Émile Zola, l’ami d’enfance
Cézanne naît à Aix-en-Provence en 1839. Au collège, il se lie avec Émile Zola, plus jeune d’un an. Les deux garçons partagent des lectures, de longues promenades et des rêves de gloire.
Un panier de pommes devenu légende
Zola, petit et frêle, arrive de Paris. Les autres élèves le chahutent. Cézanne, grand et robuste, prend sa défense dans la cour de récréation.
Le lendemain, Zola lui offre un panier de pommes pour le remercier. Selon la tradition, ce geste serait à l’origine des pommes de Cézanne. Il aurait alors déclaré :
« Si Zola a réussi à Paris grâce à ses romans, je réussirai grâce à mes pommes ! »
Une amitié brisée en 1886
Zola monte à Paris en 1858. Il y encourage son ami, qui le rejoint quelques années plus tard. Zola défend alors les peintres novateurs, comme Manet. Il peine pourtant à saisir l’art de son ami.
Cependant, l’amitié se brise en 1886. Zola publie L’Œuvre, roman dont le héros, un peintre en échec, semble inspiré de Cézanne. Ce dernier remercie poliment pour l’envoi du livre, puis ne revoit plus jamais son ami d’enfance.
Le rejet d’Ingres et de l’académisme
Cézanne refuse les normes de l’enseignement officiel. L’École des beaux-arts le rejette, et le Salon lui ferme longtemps ses portes. Au Louvre, il étudie plutôt Poussin, Rubens et les maîtres vénitiens.
Il n’aime ni le fini lisse d’Ingres, ni l’art des peintres officiels. Pour lui, le dessin et la couleur ne s’opposent pas. Il construit ses formes par touches colorées, sans contour tracé d’avance.
Cette liberté séduit néanmoins les artistes. Dès les années 1880, certains d’entre eux lui achètent des toiles.
Des modèles féminins presque introuvables
Cézanne peint très peu de nus féminins d’après nature. Timide, il se sent mal à l’aise devant les modèles professionnelles. Les convenances de l’époque compliquent aussi la situation.
Hortense Fiquet est la seule femme qui pose régulièrement pour lui. Il la rencontre en 1869 et l’épouse en 1886. Ses portraits d’Hortense montrent l’immobilité et la patience que chaque séance exige.
Pour ses baigneuses, il travaille donc de mémoire. Il s’appuie sur des dessins d’après les maîtres anciens et sur la sculpture. Ses corps, volontairement schématiques, deviennent des architectures de formes. Ces compositions fascinent ensuite les générations suivantes. Les Grandes Baigneuses reste l’un des sommets de cette recherche.
Exposition Cézanne Grand Palais : un héritage en dialogue
Ces choix de vie nourrissent une peinture très libre. Le parcours confronte Cézanne à Gauguin, Matisse, Picasso, Mondrian, Joan Mitchell, Bridget Riley et Peter Doig. Chacun s’empare de sa leçon à sa façon.
Prolonger l’exposition avec une visite commentée
Pour comprendre ces liens œuvre par œuvre, une visite commentée aide beaucoup. Notre visite guidée Cézanne Grand Palais, billet d’entrée inclus, se déroule en petit groupe. Notre guide-conférencière met en regard les toiles et la vie du peintre.